Le chômage ça craint. Je dois faire partie de cette population qui ne font rien de bon quand on leur laisse trop de
liberté. Parce que oui, je dois être honnête et bien l'avouer : depuis deux semaines, j'en branle pas une !
Je n'en ai même pas profiter pour alimenter mon blog et répondre aux différents commentaires de mes amis lecteurs ! Et
puis je ne suis pas non plus aller les lire, mea culpa, je suis une feignasse invétérée !
Mais cela ne sert à rien de se répandre en lamentation. Le plus impoirtant c'est l'action !
La première qui a permis les suivantes a été d'éteindre cette télé de malheur. C'est horrible mais ma première semaine
de chômage, je l'ai passée devant mon écran, en pyjama avec l'odeur qui va avec. La parfaite caricature ! J'aurai pu en être très fier si on m'avait demandé lors d'un entretien en quoi j'étais
bon : "Je peux rester sur mon canapé toute la journée sans bouger" ou encore "je peux incarner tous les stéréotypes possibles, je fais celui du chômeur à la perfection !".
Pas très accrocheur...
Il a quand même fallu que je me bouge lorsque Anna m'a appelé pour que j'honore mon contrat et de venir aider Christiane pour son animation sur le baby siting dating... J'y suis donc allé mais
sans vraiment être emballé... Je n'avais eu aucune nouvelle de la Directrice depuis que je lui avais laissé ma lettre et mon CV pour le poste de mes rêves.
Une fois à l'Asso, je piétinais. J'essayais de me rendre utile mais Christiane ne lâchait rien et je n'avais plus qu'à la regarder... Ce qui ma légèrement agacé car finalement je m'étais déplacer
pour rien... Et puis la Directrice m'a vu et m'a fait suivre de la venir.
J'ai dû forcer le passage entre les parents et les étudiants qui étaient là pour se rencontrer et voir si le courant pouvait passer entre eux; pour finalement atterrir dans son bureau. Sans autre
préambule, elle me donna un rendez-vous pour le mercredi suivant : "Bon, tu passes à l'entretien en dernier, je veux me faire une idée sur les autres avant. On te connaît ici, ton entretien sera
donc différents des autres mais je donne la chance à tout le monde. Vous êtes donc quatre sur un peu plus de vingt à avoir été retenu. Je te dis donc à la semaine prochaine !"
Ok Madame ! Je devais rapidement voir Valentin pour préparer ledit entretien ! J'avais des idées, ce n'était pas le problème. Il fallait surtout que j'ai des pistes sur le comportement que je
devais avoir. Il a su me guider et m'encourager. Le soutien de Senkha a aussi très important. Il croit en moi et moi je n'ai aucune confiance en mes aptitudes. Mon couple joue souvent le rôle de
moteur qui me permets de trouver le courage d'aller au devant des ennuis...
Parce que quoiqu'on en dise, en allant à cet entretien, j'allais au devant des ennuis.
11h30, mon coeur bat à fond, je suis dans la grande salle de l'Asso et j'essaye de ne pas penser à l'entretien en discutant avec la nouvelle stagiaire. Très gentille, elle vient de l'école de la
seconde chance, un organisme qui fonctionne très bien et qui peut "sauver" pas mal de jeune, je pense. J'ai utilisé des guillemets parce que ce n'est pas exactement ce que je veux dire... Je
n'arrive pas vraiment à formuler mon idée pour le moment...
Toujours est-il que la Directrice a fini par venir me chercher. J'étais tellement impressionné que j'en étais devenu timide et n'osais même pas lui faire la bise alors qu'on se connaît depuis
plus d'un an et qu'on a passé le temps où on se serrait la main... Bref, c'était étrange, nous devions nous comporter comme l'imposaient les circonstances mais nous ne pouvions pas non plus
effacer le fait que je suis bénévole et très bien intégré à l'équipe.
Je me suis installé devant les quatre composantes principales de l'Asso : Géraldine, alias Gégé, comptable; Christiane, documentaliste; Anna, animatrice et la Directrice. Je transpirais et
c'était horrible ! Je n'ai pas oser regarder mais je suis persuadé que deux jolies auréoles étaient apparues sur ma chemise à peine dix secondes après que je me sois assis en face de ce jury.
Bref, j'ai commencé par me présenter en détaillant mes compétences. J'ai parlé de mes études, de ma courte expérience de cet été et j'ai conclu par différentes propositions que l'on pourrait
faire pour attirer plus de jeune.
"Le problème aujourd'hui c'est que les jeunes s'en foutent et ne recherche pas ce qu'ils peuvent faire dans leur avenir ou même dans le présent, me dit la Directrice. Aujourd'hui, les jeunes
c'est Facebook, la télévision et je ne sais quoi d'autre ! J'ai pas l'impression qu'ils ne s'intéressent à rien !
- Je crois qu'il faut les intéresser justement ! Trouver des solutions pour que le jeune prenne du plaisir à se lancer dans un projet. Le problème c'est le système scolaire, on leur impose du
stress à l'école qui font que les jeunes n'ont plu envie de s'investir dans autre chose. Ils veulent du repos et ont du mal à se dire qu'ils pourraient prendre du plaisir en se lançant dans une
activité autre. On ne doit pas attendre qu'ils viennent nous voir, nous sommes tous les deux d'accord là-dessus, mais sortir, aller à leur rencontre, je ne pense pas que ce soit suffisant. Nous
devons les intéresser et donc leur proposer de réaliser des choses. Il faut qu'ils aient un but et surtout que ça viennent d'eux."
C'est à peu près le discours que je leur ai tenu. Gégé était emballé, Christiane souriait. Anna plissait les yeux. Je leur avais parlé concrètement de mes projets pour l'Asso et elle
entendait bien de me faire descendre de mon petit nuage :
"Arrêtez moi si je me trompe mais Rguif vient de nous dire qu'il allait faire un site Internet pour notre association, qu'il assurera l'accueil du public et organisera des animations extérieures
et tout ça en 35 heures...
Elle me sourit, je fais de même et je suis sûr qu'à ce moment précis, notre niveau de jubilation est à l'identique. La confrontation que nous attendions était sur le point de se produire.
- Je me suis mal exprimé en ce qui concerne le site web. Il ne sera pas du tout question de faire un site très exhaustif, au contraire même, le site n'est qu'un moyen de faire de la
communication. Il est notre meilleure accroche pour faire venir le public chez nous. Son contenu sera donc bref et n'aura pas besoin de mises à jours très importantes. A part l'actualité, le
reste des informations ne bougeront pas. Si nous voulons toucher les jeunes, il faut aussi qu'on s'adapte et qu'on adopte leur pratique. Les jeunes recherchent sur Internet mais ils s'y perdent.
Il faut qu'on soit sur la toile pour leur dire que nous avons des réponses mais qu'ils doivent pour cela quitter leur chaise de bureau et venir nous rencontrer."
A ce moment précis, je me traitais intérieurement d'hypocrite : une semaine sur mon canapé et me voila en train de retourner ma veste et de prétendre que moi j'ai tout compris et que mes pairs
n'en sont pas encore à ce stade. Ce que je peux être affligeant des fois !
Et en même temps, ne suis-je pas jeune justement. Ne suis-je pas le mieux placer pour parler d'eux, de nous et d'essayer de trouver des solutions. Des solutions qui peuvent me manquer à moi
aussi...
J'adopatais donc cette idée et me déculpabilisais. Anna acquiesca, l'équipe semblait satisfaite et il était temps pour moi de les laisser débattre de mon cas.
Un seul sentiment lorsque je posais le pied dehors : j'avais dit tout ce que j'avais à dire, aucun regret !
Quelques jours plus tard, la Directrice m'appelait...
Les ennuis allaient pouvoir commencer :
"Tu démarres le 19 octobre..."